{"id":17605,"date":"2021-07-17T16:26:01","date_gmt":"2021-07-17T16:26:01","guid":{"rendered":"https:\/\/africanew.ifpri.info\/?p=17605"},"modified":"2021-08-13T12:26:55","modified_gmt":"2021-08-13T12:26:55","slug":"la-saga-des-dix-pour-cent-de-depenses-agricoles-au-ghana-pourquoi-les-parts-de-depenses-publiques-declarees-sont-moins-importantes-quil-ny-parait","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/2021\/07\/17\/la-saga-des-dix-pour-cent-de-depenses-agricoles-au-ghana-pourquoi-les-parts-de-depenses-publiques-declarees-sont-moins-importantes-quil-ny-parait\/","title":{"rendered":"La saga des dix pour cent de d\u00e9penses agricoles au ghana : pourquoi les parts de d\u00e9penses publiques d\u00e9clar\u00e9es sont moins importantes qu&#8217;il n&#8217;y para\u00eet"},"content":{"rendered":"<p>En 2003, les pays africains ont sign\u00e9 le Programme d\u00e9taill\u00e9 pour le d\u00e9veloppement de l'agriculture africaine (PDDAA) et se sont fix\u00e9 pour objectif d'investir 10 % de leurs budgets nationaux dans le secteur agricole afin d'atteindre un taux de croissance agricole de 6 % par an. Depuis lors, il est devenu \u00e9vident que la question de savoir ce qui est consid\u00e9r\u00e9 comme des d\u00e9penses agricoles est essentielle pour d\u00e9terminer si les chiffres communiqu\u00e9s refl\u00e8tent r\u00e9ellement des am\u00e9liorations. Une analyse de l'exp\u00e9rience du Ghana montre qu'une approche incoh\u00e9rente peut conduire \u00e0 des r\u00e9sultats trompeurs.<\/p>\n<p>Deux r\u00e9centes \u00e9tudes de revue des d\u00e9penses publiques agricoles (agPER) -MOFA 2013 et 2017- sugg\u00e8rent que le Ghana a \u00e9t\u00e9 proche de la r\u00e9alisation des engagements budg\u00e9taires du PDDAA et a m\u00eame d\u00e9pass\u00e9 l'objectif pendant plusieurs ann\u00e9es. Les estimations des d\u00e9penses agricoles en tant que part des d\u00e9penses totales issues des deux \u00e9tudes vont de 6,7 % \u00e0 21,2 % en 2001-2011 et de 5,8 % \u00e0 7,5 % en 2012-2015, la moyenne sur 2001-2015 \u00e9tant de 9,2 %. Toutefois, ces chiffres posent deux probl\u00e8mes majeurs. Notre note d'information ReSAKSS explique pourquoi.<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, ils ne sont pas conformes \u00e0 la note d'orientation officielle de l'Union africaine (UA-NEPAD 2015), qui d\u00e9finit l'agriculture comme les cultures, l'\u00e9levage, la sylviculture, la p\u00eache et la chasse, et pr\u00e9cise qu'il faut utiliser uniquement les d\u00e9penses du secteur public g\u00e9n\u00e9ral. Les rapports incluent certaines d\u00e9penses non agricoles, comme celles relatives aux routes de desserte et autres infrastructures rurales. Cela ne semble pas correct, car les routes de desserte favorisent le d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique de communaut\u00e9s rurales enti\u00e8res et pas seulement du secteur agricole.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, les rapports incluent les d\u00e9penses de Cocobod, une soci\u00e9t\u00e9 publique d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la gestion du sous-secteur du cacao, dans le but d'\u00e9valuer le soutien public total au secteur agricole. Cependant, ceci est \u00e9galement contraire \u00e0 la note d'orientation officielle de l'UA car Cocobod s'engage dans des activit\u00e9s de production marchande enti\u00e8rement financ\u00e9es par le sous-secteur du cacao, et il n'y a pas de transfert des contribuables \u00e0 travers Cocobod vers l'ensemble du secteur agricole. Ainsi, les d\u00e9penses de Cocobod ne sont pas consid\u00e9r\u00e9es comme des d\u00e9penses agricoles publiques (DAP). En outre, les d\u00e9penses totales du gouvernement (GTE) sont sous-estim\u00e9es dans les rapports pendant plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Lorsque ces probl\u00e8mes sont r\u00e9solus (c'est-\u00e0-dire que les d\u00e9penses relatives aux routes de desserte et \u00e0 la Cocobod sont exclues et que les d\u00e9penses totales de l'\u00c9tat sont ajust\u00e9es), les estimations sont consid\u00e9rablement plus faibles. Les parts des d\u00e9penses agricoles vont de seulement 0,9 % \u00e0 6,7 % en 2001-2011 et de 1,3 % \u00e0 2,1 % en 2012-2015. La moyenne pour l'ensemble de la p\u00e9riode est de 3,3%, soit un tiers des estimations d\u00e9clar\u00e9es par l'agPER, loin de l'objectif de 10% du PDDAA.<\/p>\n<p>Il y a un autre probl\u00e8me dans la fa\u00e7on dont les d\u00e9penses de Cocobod sont trait\u00e9es dans les calculs. Si nous les ajoutons \u00e0 l'EGE au num\u00e9rateur, ce qui n'est pas solide en th\u00e9orie pour commencer, alors un estimateur non biais\u00e9 parall\u00e8le \u00e0 la note d'orientation officielle de l'UA ajouterait les d\u00e9penses de toutes les entreprises publiques similaires \u00e0 l'EGE au d\u00e9nominateur. Mais ce n'est pas le cas. Actuellement, l'analyse de l'agPER compare des pommes et des oranges, car les rapports n'ajoutent que les d\u00e9penses de Cocobod \u00e0 GAE mais pas celles de toutes les soci\u00e9t\u00e9s publiques similaires \u00e0 GTE, ce qui g\u00e9n\u00e8re des estimations trompeuses. Nous avons recalcul\u00e9 la part selon la formule propos\u00e9e, en comparant effectivement des pommes \u00e0 des pommes.<\/p>\n<p>La principale difficult\u00e9 de cette op\u00e9ration est qu'il existe plus de 90 entreprises publiques au Ghana et que, contrairement au secteur des administrations publiques, il est difficile d'obtenir des donn\u00e9es sur leurs d\u00e9penses. En outre, il existe des divergences dans les donn\u00e9es sur les d\u00e9penses de Cocobod obtenues de diff\u00e9rentes sources - ici, nous ne rapportons que celles du rapport de l'auditeur g\u00e9n\u00e9ral. Nous avons d\u00e9cid\u00e9 d'utiliser les donn\u00e9es des 14 plus grandes entreprises publiques (qui repr\u00e9sentent plus de 90% des d\u00e9penses totales) pour l'analyse.<\/p>\n<p>Les parts estim\u00e9es r\u00e9vis\u00e9es se situent dans une fourchette de 1,4 % \u00e0 7,6 % de 2001 \u00e0 2011 et de 3,7 % \u00e0 5,4 % en 2012-2015. La part moyenne sur la p\u00e9riode 2001-2015 est d'environ 5,4 %. Par rapport aux estimations des \u00e9tudes de l'agPER, ces estimations sont inf\u00e9rieures en moyenne de deux points de pourcentage, avec l'\u00e9cart le plus important en 2010 de pr\u00e8s de 15 points de pourcentage.<\/p>\n<p>Cocobod \u00e9tant une entreprise publique autonome qui s'engage dans des activit\u00e9s de production marchande, comme beaucoup d'autres au Ghana (par exemple, National Buffer Stock Company Limited, Bank of Ghana, Volta River Authority, Electricity Company of Ghana), ses processus de gestion financi\u00e8re et de d\u00e9termination des d\u00e9penses sont diff\u00e9rents de ceux des unit\u00e9s gouvernementales qui les poss\u00e8dent ou les contr\u00f4lent. Par cons\u00e9quent, l'analyse de la performance de ses d\u00e9penses doit \u00eatre men\u00e9e s\u00e9par\u00e9ment afin que des efforts sp\u00e9cifiques puissent \u00eatre identifi\u00e9s et cibl\u00e9s pour am\u00e9liorer le d\u00e9veloppement des sous-secteurs cacaoyer et non cacaoyer, respectivement.<\/p>\n<p>Sans s\u00e9parer l'analyse de la performance des d\u00e9penses dans les deux sous-secteurs, les administrations publiques pour le sous-secteur non cacaoyer et Cocobod pour le sous-secteur cacaoyer, l'analyse pr\u00e9sent\u00e9e dans les \u00e9tudes de l'agPER tend \u00e0 masquer la faiblesse relative des d\u00e9penses publiques dans les sous-secteurs non cacaoyers, qui repr\u00e9sentent l'essentiel du produit int\u00e9rieur brut (PIB) agricole - environ 90% chaque ann\u00e9e. En 2012-2015, par exemple, les EAG ne repr\u00e9sentaient que 4,1 % du PIB agricole hors cacao, contre les 56 % dont b\u00e9n\u00e9ficie le sous-secteur du cacao en ce qui concerne les d\u00e9penses du Cocobod. De m\u00eame, depuis 2013, la part des EAG dans les EGE est inf\u00e9rieure \u00e0 2 %, ce qui \u00e9loigne le Ghana de l'objectif de 10 % de d\u00e9penses agricoles publiques fix\u00e9 par le PDDAA.<\/p>\n<p><em>L'analyse des tendances \u00e0 long terme, les probl\u00e8mes et les implications pour stimuler la qualit\u00e9 de la quantit\u00e9 des d\u00e9penses, ainsi que la productivit\u00e9 et la croissance, sont abord\u00e9s dans la note <\/em><em>Tendances et composition des d\u00e9penses publiques pour l'agriculture au Ghana, 1960-2015.<\/em><\/p>\n<p><em>Samuel Benin<\/em><em> est directeur adjoint de division du bureau r\u00e9gional de l'IFPRI pour l'Afrique. Ernesto Tiburcio est analyste de recherche \u00e0 la division Strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement et gouvernement de l'IFPRI.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une analyse de l'exp\u00e9rience du Ghana montre qu'une approche incoh\u00e9rente peut conduire \u00e0 des r\u00e9sultats trompeurs.<\/p>\n","protected":false},"author":365,"featured_media":17607,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[41,555,601],"tags":[999,659],"class_list":["post-17605","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news-fr","category-blogs1","category-ghana-fr","tag-ghana-fr","tag-resakss-fr"],"acf":[],"mb":[],"mfb_rest_fields":["title"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17605","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/365"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17605"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17605\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":17628,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17605\/revisions\/17628"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17607"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17605"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17605"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17605"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}