{"id":18118,"date":"2022-01-06T11:05:08","date_gmt":"2022-01-06T11:05:08","guid":{"rendered":"https:\/\/africanew.ifpri.info\/?p=18118"},"modified":"2022-01-06T11:13:46","modified_gmt":"2022-01-06T11:13:46","slug":"tirer-le-meilleur-parti-du-commerce-intra-africain-apercu-de-ledition-2021-du-moniteur-du-commerce-agricole-africain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/2022\/01\/06\/tirer-le-meilleur-parti-du-commerce-intra-africain-apercu-de-ledition-2021-du-moniteur-du-commerce-agricole-africain\/","title":{"rendered":"Tirer le meilleur parti du commerce intra-africain : aper\u00e7u de l&#8217;\u00e9dition 2021 du Moniteur du commerce agricole africain"},"content":{"rendered":"<p>Avec la pand\u00e9mie de COVID-19 qui perturbe les moyens de subsistance et la nouvelle\u00a0<a href=\"http:\/\/au.int\/en\/ti\/cfta\/about\" rel=\"nofollow\">Zone de libre-\u00e9change continentale africaine (ZLECA)<\/a>\u00a0qui commence \u00e0 influencer les flux alimentaires, le commerce agricole en Afrique est en pleine mutation, avec des d\u00e9fis et des opportunit\u00e9s. Si la mise en \u0153uvre de la ZLECA a commenc\u00e9, certaines n\u00e9gociations cruciales doivent encore \u00eatre achev\u00e9es, et la port\u00e9e totale de son impact n'est pas encore claire.<\/p>\n<p>Le\u00a0<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.54067\/9781737916406\" rel=\"nofollow\">2021 Africa Agriculture Trade Monitor<\/a>\u00a0(AATM), lanc\u00e9 le 10 septembre au sommet du\u00a0<a href=\"https:\/\/agrf.org\/\" rel=\"nofollow\">Forum sur la r\u00e9volution verte en Afrique (AGRF)<\/a>\u00a0\u00e0 Nairobi, au Kenya (avec une participation virtuelle), examine comment la ZLECA peut maximiser son potentiel, et d\u00e9taille les politiques de relance COVID-19 pour soutenir des moyens de subsistance plus r\u00e9silients pour les producteurs agricoles et les commer\u00e7ants formels et informels - ainsi que les syst\u00e8mes de connaissances et de donn\u00e9es pour nous y guider.<\/p>\n<p>L'AATM est un outil essentiel pour les gouvernements, l'industrie et les parties prenantes internationales qui orientent les politiques et les investissements afin d'atteindre les objectifs du Programme d\u00e9taill\u00e9 pour le d\u00e9veloppement de l'agriculture africaine (PDDAA) et de la D\u00e9claration de Malabo, notamment le triplement de la valeur du commerce agricole intra-africain d'ici 2025.<\/p>\n<p>Le rapport annuel couvre le commerce de l'Afrique avec les march\u00e9s mondiaux, un chapitre sp\u00e9cial (en 2021, mettant en \u00e9vidence les impacts de la COVID-19), la comp\u00e9titivit\u00e9 d'un secteur africain particulier (les produits de l'\u00e9levage en 2021), et une r\u00e9gion d'int\u00e9r\u00eat en rotation (l'Union du Maghreb arabe en Afrique du Nord en 2021), plus un chapitre annuel consacr\u00e9 aux aspects du commerce intra-africain. L'expansion du commerce intra-africain est un objectif majeur pour l'Afrique, et l'ann\u00e9e 2021 s'annonce tr\u00e8s prometteuse en raison de la mise en \u0153uvre de la ZLECA, qui a d\u00e9but\u00e9 le 1er janvier de cette ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Si la ZLECA oriente l'Afrique dans la bonne direction, le rapport note qu'un travail de coordination suppl\u00e9mentaire est n\u00e9cessaire pour que l'Afrique tire pleinement parti de la nouvelle zone de libre-\u00e9change. En particulier, les pays doivent harmoniser les mesures commerciales non tarifaires qui \u00e9touffent les flux commerciaux agricoles intra-africains et font peser sur les producteurs et les n\u00e9gociants des charges plus co\u00fbteuses que les droits de douane. Il s'agit notamment de proc\u00e9dures douani\u00e8res inefficaces, de r\u00e9glementations non coordonn\u00e9es en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire (sanitaire et phytosanitaire) et d'autres obstacles techniques.<\/p>\n<p>L'harmonisation de ces mesures doit \u00eatre une priorit\u00e9 dans les n\u00e9gociations en cours de la ZLECA, faute de quoi les flux commerciaux agricoles risquent de rester tr\u00e8s localis\u00e9s (essentiellement entre les communaut\u00e9s \u00e9conomiques r\u00e9gionales du continent) et l'Afrique aura du mal \u00e0 r\u00e9aliser son potentiel commercial intracontinental. Sur le march\u00e9 mondial, l'Afrique ne conserve un avantage concurrentiel agricole que pour une poign\u00e9e de produits de niche, g\u00e9n\u00e9ralement des produits bruts ou peu transform\u00e9s. Cependant, le commerce intra-africain des produits transform\u00e9s et \u00e0 valeur ajout\u00e9e a augment\u00e9 plus rapidement que celui des autres produits agricoles ; ainsi, l'am\u00e9lioration de la coordination du commerce intra-africain offre \u00e9galement une opportunit\u00e9 de construire des cha\u00eenes d'approvisionnement r\u00e9gionales africaines et de r\u00e9pondre \u00e0 la demande locale.<\/p>\n<p>Dans l'ensemble, les impacts sanitaires de la COVID-19 en Afrique ont \u00e9t\u00e9 moins graves que dans la plupart des r\u00e9gions du monde, mais les pays africains ont tout de m\u00eame subi de lourdes cons\u00e9quences \u00e9conomiques. Bien que les impacts varient selon les r\u00e9gions et les secteurs, la pauvret\u00e9 globale a augment\u00e9 en raison de la pand\u00e9mie. On estime que 250 millions d'Africains seront confront\u00e9s \u00e0 l'ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire en 2020 ; plus de la moiti\u00e9 de la population du continent\u00a0<a href=\"http:\/\/www.fao.org\/3\/cb4831en\/cb4831en.pdf\" rel=\"nofollow\">n'a pas les moyens d'avoir une alimentation \"ad\u00e9quate\"<\/a>. Le rapport 2021 de l'AATM donne un aper\u00e7u des moyens dont dispose l'Afrique pour renforcer sa r\u00e9silience face aux chocs futurs.<\/p>\n<p>Le rapport note que les pays d'Afrique et d'ailleurs ont mis en pratique les le\u00e7ons de la crise alimentaire de 2008 en limitant les restrictions \u00e0 l'exportation de produits alimentaires en 2020, malgr\u00e9 une certaine panique initiale concernant les r\u00e9serves alimentaires mondiales. Cette mesure \u00e9tait cruciale pour maintenir la stabilit\u00e9 des prix et l'acc\u00e8s \u00e0 la nourriture. N\u00e9anmoins, les \u00e9conomies africaines moins diversifi\u00e9es et fortement d\u00e9pendantes des exportations de p\u00e9trole, du tourisme, des transferts de fonds ou d'autres secteurs ont \u00e9t\u00e9 durement touch\u00e9es par la pand\u00e9mie et ont subi de graves difficult\u00e9s \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>\u00c0 long terme, la mise en place d'\u00e9conomies plus diversifi\u00e9es peut contribuer \u00e0 amortir de tels chocs. Mais l'AATM sugg\u00e8re \u00e9galement quelques solutions \u00e0 court terme. Par exemple, la fermeture des fronti\u00e8res a durement touch\u00e9 les commer\u00e7ants et les producteurs africains. Si les pays ont, \u00e0 juste titre, renforc\u00e9 les mesures sanitaires aux fronti\u00e8res, les contr\u00f4les transfrontaliers auraient pu mieux prendre en compte les besoins des commer\u00e7ants : Les postes-fronti\u00e8res auraient pu accueillir de mani\u00e8re plus ad\u00e9quate les commer\u00e7ants formels et informels transportant de petites quantit\u00e9s de marchandises. Les moyens de subsistance des petits commer\u00e7ants sont essentiels pour de nombreux m\u00e9nages en Afrique. En outre, les couvre-feux aux fronti\u00e8res ont fortement limit\u00e9 le transport de nuit, qui est couramment pratiqu\u00e9 pour \u00e9viter la d\u00e9t\u00e9rioration des denr\u00e9es p\u00e9rissables.<\/p>\n<p>Enfin, l'AATM 2021 souligne l'importance d'int\u00e9grer le commerce transfrontalier informel dans le secteur formel. Les d\u00e9cideurs politiques ne disposent pas d'une image claire du commerce informel, ce qui rend difficile de le cibler avec des politiques et des incitations appropri\u00e9es. Le traitement statistique des donn\u00e9es du commerce mondial par l'AATM permet de saisir une partie du commerce non comptabilis\u00e9 du continent, mais un manque important de donn\u00e9es persiste.<\/p>\n<p>Le chapitre du rapport consacr\u00e9 au b\u00e9tail africain pr\u00e9sente des mondes parall\u00e8les - formel et informel - du commerce du b\u00e9tail, les registres officiels ne saisissant qu'une partie des mouvements intra-africains d'animaux et de produits animaux. L'Ouganda, l'un des principaux exportateurs agroalimentaires intra-africains du continent, estime que les exportations informelles repr\u00e9sentent 15 \u00e0 25 % des exportations officielles vers ses cinq pays voisins. L'int\u00e9gration des commer\u00e7ants informels dans les syst\u00e8mes officiels n\u00e9cessite de rationaliser les proc\u00e9dures douani\u00e8res et de r\u00e9duire les barri\u00e8res tarifaires et non tarifaires, de garantir la s\u00e9curit\u00e9 et l'\u00e9quit\u00e9 pour un grand nombre de femmes commer\u00e7antes informelles, ainsi qu'un syst\u00e8me \u00e0 l'\u00e9chelle du continent pour mesurer le commerce informel existant. \"Des donn\u00e9es de haute qualit\u00e9 sont essentielles pour comprendre l'environnement commercial actuel, comparer les effets de diff\u00e9rentes politiques et identifier de meilleures solutions\", a d\u00e9clar\u00e9\u00a0<a href=\"https:\/\/www.ifpri.org\/profile\/johan-swinnen\" rel=\"nofollow\">Johan Swinnen<\/a>, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l'IFPRI, lors de la conf\u00e9rence.<\/p>\n<p>\u00c0 l'avenir, l'AATM esp\u00e8re \u00eatre en mesure de rendre compte de l'\u00e9mergence d'un commerce agricole et alimentaire totalement int\u00e9gr\u00e9 dans le cadre de la ZLECA. Le caract\u00e8re saisonnier de l'Afrique et ses avantages comparatifs r\u00e9gionaux ont le potentiel de soutenir un flux et un reflux \u00e9quilibr\u00e9s de marchandises permettant une alimentation saine tout au long de l'ann\u00e9e, des moyens de subsistance fiables pour les petits producteurs et les commer\u00e7ants, des entreprises prosp\u00e8res qui investissent dans des cha\u00eenes d'approvisionnement r\u00e9gionales de produits africains \u00e0 valeur ajout\u00e9e, et des politiques commerciales g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es qui favorisent la r\u00e9silience, m\u00eame en cas de chocs comme une pand\u00e9mie. Nous n'en sommes pas encore l\u00e0. N\u00e9anmoins, certaines tendances prometteuses du commerce intra-africain et les opportunit\u00e9s offertes par la ZLECA sont des pas cruciaux dans la bonne direction.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.ifpri.org\/profile\/julie-kurtz\" rel=\"nofollow\"><em>Julie Kurtz<\/em><\/a><em>\u00a0est analyste de recherche au sein de la division March\u00e9s, commerce et institutions de l'IFPRI.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec la pand\u00e9mie de COVID-19 qui perturbe les moyens de subsistance et la nouvelle\u00a0Zone de libre-\u00e9change continentale africaine (ZLECA)\u00a0qui commence \u00e0 influencer les flux alimentaires, le commerce agricole en Afrique est en pleine mutation, avec des d\u00e9fis et des opportunit\u00e9s. Si la mise en \u0153uvre de la ZLECA a commenc\u00e9, certaines n\u00e9gociations cruciales doivent encore [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":365,"featured_media":18125,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[41,556,583],"tags":[1078,753,518,1077],"class_list":["post-18118","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news-fr","category-covid-19-fr","category-ifpri-org-fr","tag-chaines-de-valeur-systeme-alimentaire","tag-commerce-fr","tag-covid-19-fr","tag-marche"],"acf":[],"mb":[],"mfb_rest_fields":["title"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18118","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/365"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18118"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18118\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18119,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18118\/revisions\/18119"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18125"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18118"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18118"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18118"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}