{"id":19579,"date":"2023-08-16T12:52:56","date_gmt":"2023-08-16T12:52:56","guid":{"rendered":"https:\/\/africanew.ifpri.info\/?p=19579"},"modified":"2023-11-27T18:29:39","modified_gmt":"2023-11-27T18:29:39","slug":"le-linge-sale-se-lave-en-famille-accroitre-la-denonciation-des-violences-faites-aux-femmes-et-aux-filles-par-le-biais-denquetes-auto-administrees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/2023\/08\/16\/le-linge-sale-se-lave-en-famille-accroitre-la-denonciation-des-violences-faites-aux-femmes-et-aux-filles-par-le-biais-denquetes-auto-administrees\/","title":{"rendered":"&#8220;LE LINGE SALE SE LAVE EN FAMILLE&#8221;: ACCRO\u00ceTRE LA DENONCIATION DES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ET AUX FILLES PAR LE BIAIS D&#8217;ENQU\u00caTES AUTO-ADMINISTR\u00c9ES"},"content":{"rendered":"<p>15 AO\u00dbT 2023<\/p>\n<p>PAR AMBER PETERMAN, MELISSA HIDROBO ET MALICK DIONE<\/p>\n<p>Les violences faites aux femmes et aux filles est un probl\u00e8me mondial persistant. \u00c0 elle seule, la violence physique et\/ou sexuelle exerc\u00e9e par un partenaire intime touche <a href=\"https:\/\/www.thelancet.com\/article\/S0140-6736(21)02664-7\/fulltext\">plus d'une femme sur quatre<\/a>, tandis que les taux de <a href=\"https:\/\/bmjpaedsopen.bmj.com\/content\/2\/1\/e000180\">violence \u00e0 l'\u00e9gard des filles d\u00e9passent souvent 50 %<\/a> \u00e0 la maison, \u00e0 l'\u00e9cole et dans les lieux publics. L'\u00e9laboration de politiques efficaces visant \u00e0 r\u00e9duire la violence d\u00e9pend de l'existence de donn\u00e9es pr\u00e9cises. Or, les enqu\u00eates aupr\u00e8s des m\u00e9nages, principale source de donn\u00e9es sur les violences faites aux femmes, sous-estiment souvent l'ampleur du probl\u00e8me. Les participants \u00e0 l'enqu\u00eate peuvent \u00eatre <a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/aje\/article\/179\/5\/602\/143069\">r\u00e9ticents \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler leur exp\u00e9rience de la violence<\/a> en raison de la honte, de la stigmatisation, de la peur des cons\u00e9quences et d'autres obstacles. Bien que l'importance de ces facteurs tende \u00e0 varier en fonction de la population cible et du contexte, l'am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de ces donn\u00e9es peut contribuer \u00e0 orienter les investissements et l'attention vers la lutte contre les violences faites aux femmes, ainsi qu'\u00e0 prendre des d\u00e9cisions cruciales sur ce qui fonctionne en mati\u00e8re de pr\u00e9vention et d'intervention.<\/p>\n<p>Les chercheurs ont exp\u00e9riment\u00e9 des m\u00e9thodes visant \u00e0 accro\u00eetre la pr\u00e9cision et la qualit\u00e9 des donn\u00e9es, notamment en utilisant des m\u00e9thodes d'enqu\u00eate anonymes - telles que les auto-entretiens assist\u00e9es par ordinateur (ACASI) - qui facilitent la protection de la vie priv\u00e9e des participants. Par exemple, dans six \u00e9tudes exp\u00e9rimentales men\u00e9es en Inde, au Kenya, au Liberia, au Malawi, au Rwanda et en Ouganda, environ la moiti\u00e9 des r\u00e9sultats mesur\u00e9s en mati\u00e8re de violence \u00e9taient significativement plus \u00e9lev\u00e9s avec des m\u00e9thodes anonymes qu'avec des m\u00e9thodes en face-\u00e0-face (figure 1). Cependant, les r\u00e9sultats mitig\u00e9s selon les contextes et les types de violence soul\u00e8vent des questions quant \u00e0 l'efficacit\u00e9 des m\u00e9thodes anonymes dans des contextes, des populations et des mesures diversifi\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans un r\u00e9cent <a href=\"https:\/\/www.ifpri.org\/publication\/disclosure-violence-against-women-and-girls-senegal\">article de<\/a> l'IFPRI, nous d\u00e9crivons une exp\u00e9rience randomis\u00e9e au S\u00e9n\u00e9gal comparant deux m\u00e9thodes de collecte de donn\u00e9es d'enqu\u00eate sur les violences faites aux femmes, montrant qu'une approche anonyme a produit des niveaux de violence rapport\u00e9s syst\u00e9matiquement plus \u00e9lev\u00e9s pour un ensemble vari\u00e9 d'indicateurs de violence \u00e0 l'\u00e9gard des femmes, par rapport \u00e0 des entretiens en personne.<\/p>\n<p><strong>Figure 1<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2023\/11\/VAWGfig1.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-large wp-image-19580\" src=\"https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2023\/11\/VAWGfig1-1024x594.png\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"594\" srcset=\"https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2023\/11\/VAWGfig1-1024x594.png 1024w, https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2023\/11\/VAWGfig1-300x174.png 300w, https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2023\/11\/VAWGfig1-768x446.png 768w, https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2023\/11\/VAWGfig1.png 1430w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>Notes : VPI = violence entre partenaires intimes ; les \u00e9tudes comprennent : <\/em><a href=\"https:\/\/bmcinthealthhumrights.biomedcentral.com\/articles\/10.1186\/s12914-016-0110-2\"><em>Barr et al. 2017<\/em><\/a><em>, <\/em><a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/wber\/article\/37\/1\/49\/6883824\"><em>Cullen et al. 2022<\/em><\/a><em>, <\/em><a href=\"https:\/\/www.nber.org\/papers\/w29584\"><em>Park et al. 2022<\/em><\/a><em>, <\/em><a href=\"https:\/\/www.rti.org\/rti-press-publication\/using-acasi-measure-gender-based-violence-ugandan-primary-schools\"><em>Punjabi et al. 2021<\/em><\/a><em>, <\/em><a href=\"https:\/\/journals.sagepub.com\/doi\/10.1177\/0886260510385125\"><em>Rathod et al. 2011<\/em><\/a><a href=\"https:\/\/journals.plos.org\/plosone\/article?id=10.1371\/journal.pone.0005340\"><em>van der Elst et al. 2009<\/em><\/a><em>.<\/em><\/p>\n<p><strong>Exp\u00e9rimenter l'administration d'une enqu\u00eate au S\u00e9n\u00e9gal<\/strong><\/p>\n<p>Dans le cadre d'une enqu\u00eate \u00e0 grande \u00e9chelle men\u00e9e aupr\u00e8s d'environ 3 400 femmes et filles (\u00e2g\u00e9es de 15 \u00e0 35 ans) dans les r\u00e9gions rurales de Kaolack et de Kolda au S\u00e9n\u00e9gal, nous avons r\u00e9parti les participantes de mani\u00e8re al\u00e9atoire entre deux groupes : soit les enqu\u00eatrices leur posaient des questions sur la violence faite aux femmes, apr\u00e8s les avoir form\u00e9es \u00e0 la sollicitation respectueuse et empathique de la violence faite aux femmes, soit elles r\u00e9pondaient \u00e0 des auto-entretiens assist\u00e9s par ordinateur (ACASI). Dans le groupe ACASI, les participants \u00e9coutaient les questions dans des \u00e9couteurs et saisissaient les r\u00e9ponses \u00e0 l'aide de formes color\u00e9es sur des tablettes (figure 2, cercle vert = oui, carr\u00e9 rouge = non). Pour pr\u00e9parer les participants, les enqu\u00eateurs les ont guid\u00e9s tout au long du processus d'auto-entretien, y compris les questions de test. Si les participants indiquaient qu'ils n'\u00e9taient pas \u00e0 l'aise pour remplir le module ou montraient qu'ils ne comprenaient pas comment manipuler la tablette, ils \u00e9taient r\u00e9affect\u00e9s pour \u00eatre interrog\u00e9s en personne.<\/p>\n<p>Dans les deux groupes, les femmes et les filles en couple ou r\u00e9cemment mari\u00e9es ont r\u00e9pondu \u00e0 des modules de questions standard sur la violence entre partenaires intimes (VPI), conform\u00e9ment \u00e0 l'enqu\u00eate s\u00e9n\u00e9galaise sur la d\u00e9mographie et la sant\u00e9 (15 questions sur des actes sp\u00e9cifiques correspondant \u00e0 la VPI \u00e9motionnelle, physique et sexuelle). En outre, toutes les femmes et les filles ont d\u00fb r\u00e9pondre \u00e0 une s\u00e9rie de questions concernant la violence perp\u00e9tr\u00e9e par toute personne au sein du m\u00e9nage ou de la communaut\u00e9 (18 questions sur des actes sp\u00e9cifiques correspondant au harc\u00e8lement et \u00e0 la violence \u00e9motionnels, physiques et sexuels). Nous avons analys\u00e9 les donn\u00e9es en comparant les mesures de pr\u00e9valence pour le groupe randomis\u00e9 pour les enqu\u00eateurs en face \u00e0 face au groupe randomis\u00e9 pour ACASI, en contr\u00f4lant un certain nombre de caract\u00e9ristiques de base et d'effets fixes de l'enqu\u00eateur.<\/p>\n<p><strong>Figure 2<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2023\/11\/VAWGfig2-1024x854-1.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-19582\" src=\"https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2023\/11\/VAWGfig2-1024x854-1.png\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"854\" srcset=\"https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2023\/11\/VAWGfig2-1024x854-1.png 1024w, https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2023\/11\/VAWGfig2-1024x854-1-300x250.png 300w, https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2023\/11\/VAWGfig2-1024x854-1-768x641.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>Notes : L'\u00e9cran de gauche montre un exemple de question de test ou de formation (l'audio via les \u00e9couteurs a \u00e9t\u00e9 traduit en Wolof ou en Pular, les langues dominantes dans chaque r\u00e9gion), tandis que l'\u00e9cran de droite montre un exemple de question sur la VPI \u00e9motionnelle.<\/em><\/p>\n<p><strong>Les femmes et les filles divulguent davantage d'informations dans le cadre d'enqu\u00eates auto-administr\u00e9es.<\/strong><\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats pr\u00e9sent\u00e9s dans la figure 3 indiquent que la pr\u00e9valence de la violence d\u00e9clar\u00e9e au cours de la vie est plus \u00e9lev\u00e9e dans le groupe ACASI (barres roses) que dans le groupe face \u00e0 face pour tous les r\u00e9sultats (barres bleues). Les augmentations vont de 4 \u00e0 7 points de pourcentage (pp) pour la pr\u00e9valence de la VPI et de 6 \u00e0 12 pp pour la pr\u00e9valence de la violence \u00e0 l'\u00e9gard des femmes sans partenaire. Pour les mesures combin\u00e9es de toute violence physique et\/ou sexuelle, ces diff\u00e9rences correspondent \u00e0 une augmentation de 39 % de la pr\u00e9valence des VPI et de 23 % de la pr\u00e9valence de la violence \u00e0 l'\u00e9gard des femmes non-partenaires parmi les participants utilisant ACASI.<\/p>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, la divulgation est plus \u00e9lev\u00e9e pour les types de violence moins courants (y compris la VPI sexuelle), ce qui confirme l'hypoth\u00e8se selon laquelle la stigmatisation et la honte contribuent \u00e0 une faible divulgation dans ce contexte. Ces m\u00eames tendances s'appliquent aux mesures dont la p\u00e9riode de rappel est plus courte (ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e), aux indices de fr\u00e9quence de la violence \u00e0 l'\u00e9gard des femmes et aux mesures axillaires de la volont\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e d'intervenir en cas de VPI physique subie par un voisin, et de la volont\u00e9 de demander de l'aide.<\/p>\n<p><strong>Figure 3<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2023\/11\/VAWGfig3-1024x484-1.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-19584\" src=\"https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2023\/11\/VAWGfig3-1024x484-1.png\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"484\" srcset=\"https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2023\/11\/VAWGfig3-1024x484-1.png 1024w, https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2023\/11\/VAWGfig3-1024x484-1-300x142.png 300w, https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2023\/11\/VAWGfig3-1024x484-1-768x363.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>Notes : IPV = violence du partenaire intime ; VAWG = violence faites aux femmes et aux filles ; intervalles de confiance \u00e0 90 % indiqu\u00e9s, les erreurs standard sont regroup\u00e9es au niveau du village.<\/em><\/p>\n<p><strong>Pourquoi cela est-il important et que devons-nous savoir par la suite ?<\/strong><\/p>\n<p>Nous montrons que l'utilisation d'enqu\u00eates auto-administr\u00e9es pour collecter des donn\u00e9es sur les violences faites aux femmes se traduit par des taux de divulgation plus \u00e9lev\u00e9s au sein d'une population d'adolescentes et de jeunes femmes dans les zones rurales du S\u00e9n\u00e9gal. Cela sugg\u00e8re que des enqu\u00eates similaires men\u00e9es au S\u00e9n\u00e9gal \u00e0 l'aide d'enqu\u00eates administr\u00e9es par un enqu\u00eateur pourraient sous-estimer gravement la pr\u00e9valence des violences faites aux femmes. En fait, notre \u00e9tude r\u00e9v\u00e8le des taux de VPI physique et\/ou sexuelle au cours de la vie qui sont deux fois plus \u00e9lev\u00e9s que les taux de pr\u00e9valence relev\u00e9s dans les <a href=\"https:\/\/dhsprogram.com\/publications\/publication-FR368-DHS-Final-Reports.cfm\">donn\u00e9es de l'enqu\u00eate d\u00e9mographique et de sant\u00e9<\/a> la plus r\u00e9cente et repr\u00e9sentative au niveau national (13 %). Cela n'est pas vraiment surprenant, car les normes au S\u00e9n\u00e9gal soutiennent l'id\u00e9e que la VPI doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une affaire de famille - comme le d\u00e9montrent les <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1186\/s12889-022-13570-6\">donn\u00e9es qualitatives<\/a> recueillies parall\u00e8lement \u00e0 cette \u00e9tude :<\/p>\n<p><em>Comme dans tous les couples, il peut y avoir des probl\u00e8mes mais, comme on dit : \"le linge sale se lave en famille\" - donc leurs probl\u00e8mes intimes, ils peuvent les r\u00e9gler en interne. Ils n'auront pas besoin de m'en parler\". -B\u00e9n\u00e9vole en sant\u00e9 communautaire, Kolda<\/em><\/p>\n<p>En outre, les femmes disposent de peu de services ou de recours formels pour lutter contre la violence faite aux femmes, et le <a href=\"https:\/\/www.genderindex.org\/wp-content\/uploads\/files\/datasheets\/SN.pdf\">code juridique s\u00e9n\u00e9galais<\/a> ne reconna\u00eet toujours pas certaines formes de violence, notamment le viol conjugal, ou d'autres formes de violence sexuelle ou \u00e9motionnelle. Pour promouvoir les progr\u00e8s dans la lutte contre les VFFG, une \u00e9tape cruciale consiste \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des donn\u00e9es plus pr\u00e9cises sur la pr\u00e9valence et la nature de ces violences, afin de stimuler l'investissement et l'attention au niveau national.<\/p>\n<p>Il nous reste \u00e9galement beaucoup \u00e0 apprendre sur la mani\u00e8re de recueillir avec pr\u00e9cision et dans le respect de l'\u00e9thique des mesures de la violence, par exemple :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Comprendre les facteurs qui contribuent \u00e0 la sous-d\u00e9claration <\/strong>: Nous savons peu de choses sur les caract\u00e9ristiques qui conduisent \u00e0 une sous-d\u00e9claration selon les diff\u00e9rentes m\u00e9thodes de collecte de donn\u00e9es. Dans notre \u00e9tude, nous avons \u00e9valu\u00e9 comment les variations d'attitudes et de normes li\u00e9es \u00e0 la violence faite aux femmes, ainsi que d'autres facteurs logistiques de l'enqu\u00eate, contribuaient \u00e0 l'augmentation de la divulgation - nous n'avons trouv\u00e9 que peu de corr\u00e9lations. Il est essentiel de mieux comprendre les raisons de la sous-d\u00e9claration pour voir comment nos r\u00e9sultats pourraient s'appliquer \u00e0 d'autres contextes et pour sugg\u00e9rer quand l'ACASI peut \u00eatre une modalit\u00e9 utile pour r\u00e9duire les biais.<\/li>\n<li><strong>En savoir plus sur les co\u00fbts et les compromis li\u00e9s \u00e0 l'utilisation des mod\u00e8les ACASI <\/strong>: Malgr\u00e9 leurs avantages potentiels, les approches telles qu'ACASI n\u00e9cessitent des investissements dans le d\u00e9veloppement de modules et dans des projets pilotes afin de garantir le bon d\u00e9roulement des enregistrements et de l'administration. Il existe \u00e9galement des compromis en mati\u00e8re de co\u00fbts. Par exemple, les modules auto-administr\u00e9s prennent plus de temps sur le terrain ; dans notre cas, le temps total pour remplir le questionnaire \u00e9tait plus long de 8 %. Enfin, les enqu\u00eates auto-administr\u00e9es ne conviennent pas aux populations peu alphab\u00e9tis\u00e9es pour les questions complexes qui ne se limitent pas \u00e0 des r\u00e9ponses \"oui\" ou \"non\" (par exemple, \"qui \u00e9tait l'auteur de l'agression ?\"). Des recherches ant\u00e9rieures men\u00e9es aupr\u00e8s de populations peu alphab\u00e9tis\u00e9es en <a href=\"https:\/\/conflictandhealth.biomedcentral.com\/articles\/10.1186\/s13031-016-0098-1\">\u00c9thiopie et en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC)<\/a> ont montr\u00e9 que l'ACASI \u00e9tait facilement comprise par les participants. Toutefois, des recherches plus r\u00e9centes men\u00e9es au <a href=\"https:\/\/www.nber.org\/papers\/w29584\">Lib\u00e9ria et au Malawi<\/a> sugg\u00e8rent que certaines femmes ne comprennent pas l'ACASI, ce qui entra\u00eene des d\u00e9clarations erron\u00e9es. La logistique de la mise en \u0153uvre et l'ad\u00e9quation de l'ACASI \u00e0 diff\u00e9rentes populations doit donc \u00eatre examin\u00e9es de pr\u00e8s.<\/li>\n<li><strong>Investir dans l'analyse de l'exp\u00e9rience des femmes avec les m\u00e9thodes d'entretien et les implications \u00e9thiques de l'administration de l'enqu\u00eate <\/strong>: En fin de compte, nous voulons donner aux participantes la meilleure exp\u00e9rience possible de la collecte de donn\u00e9es pour \u00e9viter de les traumatiser \u00e0 nouveau et promouvoir une approche \"ne pas nuire\". Des questions subsistent \u00e9galement sur <a href=\"https:\/\/gh.bmj.com\/content\/8\/5\/e011882.abstract\">les protocoles \u00e9thiques qu'il est essentiel de mettre en place et de signaler dans<\/a> les enqu\u00eates auto-administr\u00e9es, et sur la mani\u00e8re dont l'absence de contact avec un intervieweur potentiellement empathique peut modifier l'exp\u00e9rience des femmes et des jeunes filles en mati\u00e8re de collecte de donn\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La poursuite de l'exp\u00e9rimentation \u00e9thique de la collecte de donn\u00e9es permettant aux femmes et aux filles de mieux repr\u00e9senter leurs exp\u00e9riences de la violence peut conduire \u00e0 une repr\u00e9sentation plus pr\u00e9cise du probl\u00e8me et \u00e0 une meilleure information sur les politiques et les programmes les plus prometteurs pour mettre fin \u00e0 la violence faite aux femmes.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.amberpeterman.com\/\"><em>Amber Peterman<\/em><\/a><em> est professeur associ\u00e9 de recherche \u00e0 l'Universit\u00e9 de Caroline du Nord ; <\/em><a href=\"https:\/\/www.ifpri.org\/profile\/melissa-hidrobo\"><em>Melissa Hidrobo<\/em><\/a><em> est chercheur principal \u00e0 l'Unit\u00e9 Pauvret\u00e9, Genre et Inclusion de l'IFPRI ; <\/em><a href=\"https:\/\/www.ifpri.org\/profile\/malick-dione\"><em>Malick Dione<\/em><\/a><em> est analyste de recherche \u00e0 l'unit\u00e9 Nutrition, r\u00e9gimes alimentaires et sant\u00e9 de l'IFPRI. Ce billet est bas\u00e9 sur des recherches qui n'ont pas encore \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9es par des pairs.<\/em><\/p>\n<p><em>Document de discussion r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 :<\/em><\/p>\n<p><em>Peterman, Amber ; Dione, Malick ; Le Port, Agn\u00e8s ; Briaux, Justine ; Lamesse, Fatma ; et Hidrobo, Melissa. 2023. Divulgation de la violence faite aux femmes et aux filles au S\u00e9n\u00e9gal. IFPRI Discussion Paper 2195. Washington, DC : Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI). <\/em><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.2499\/p15738coll2.136775\"><em>https:\/\/doi.org\/10.2499\/p15738coll2.136775<\/em><\/a><\/p>\n<p><em>Nous remercions les membres de l'\u00e9quipe d'\u00e9tude qui ont contribu\u00e9 \u00e0 l'\u00e9valuation globale et aux vagues d'enqu\u00eate pr\u00e9c\u00e9dentes, notamment Abdou Salam Fall, Jessica Heckert, Moustapha Seye et Annick Nganya Tchamwa, ainsi que les coll\u00e8gues de l'IFPRI Nicole Rosenvaigue et Rock Zagre pour l'excellente administration des subventions et l'aide apport\u00e9e dans le codage des enqu\u00eates. Nous remercions les enqu\u00eateurs et l'\u00e9quipe de terrain d'ASSMOR qui ont g\u00e9r\u00e9 le processus de collecte des donn\u00e9es, ainsi que les femmes et les adolescentes interrog\u00e9es dans le cadre de cette \u00e9tude. Nous remercions le programme de recherche du CGIAR sur les politiques, les institutions et les march\u00e9s (PIM), la plateforme du CGIAR sur le genre et un donateur anonyme pour le financement de ce travail.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les violences faites aux femmes et aux filles est un probl\u00e8me mondial persistant. \u00c0 elle seule, la violence physique et\/ou sexuelle exerc\u00e9e par un partenaire intime touche plus d'une femme sur quatre, tandis que les taux de violence \u00e0 l'\u00e9gard des filles<\/p>\n","protected":false},"author":393,"featured_media":19452,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[555],"tags":[730],"class_list":["post-19579","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-blogs1","tag-ifpri-africa-fr"],"acf":[],"mb":[],"mfb_rest_fields":["title"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19579","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/393"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19579"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19579\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19689,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19579\/revisions\/19689"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19452"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19579"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19579"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19579"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}