{"id":20468,"date":"2025-02-03T16:51:16","date_gmt":"2025-02-03T16:51:16","guid":{"rendered":"https:\/\/africanew.ifpri.info\/?p=20468"},"modified":"2025-03-14T11:45:02","modified_gmt":"2025-03-14T11:45:02","slug":"leclatement-de-la-cedeao-implications-pour-la-securite-alimentaire-et-la-cooperation-regionale-en-afrique-de-louest","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/2025\/02\/03\/leclatement-de-la-cedeao-implications-pour-la-securite-alimentaire-et-la-cooperation-regionale-en-afrique-de-louest\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9clatement de la CEDEAO : implications pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la coop\u00e9ration r\u00e9gionale en Afrique de l\u2019Ouest"},"content":{"rendered":"<p>Auteur <a href=\"https:\/\/www.ifpri.org\/profile\/danielle-resnick\/\">Danielle Resnick<\/a><\/p>\n<p>Le 28 janvier, <a href=\"https:\/\/ecowas.int\/institutions\/the-commission\/\">Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest<\/a>\u00a0(CEDEAO) perdra trois de ses membres fondateurs \u2013 le Burkina Faso, le Mali et le Niger \u2013 qui repr\u00e9sentent <a href=\"https:\/\/www.un.org\/development\/desa\/dpad\/wp-content\/uploads\/sites\/45\/MB179.pdf\">16 % <\/a>de sa population de 424 millions d'habitants et <a href=\"https:\/\/www.un.org\/development\/desa\/dpad\/wp-content\/uploads\/sites\/45\/MB179.pdf\">7 % <\/a>de son PIB. Qualifi\u00e9e de <a href=\"https:\/\/www.europarl.europa.eu\/thinktank\/en\/document\/EPRS_BRI(2024)762295\">\u00ab\u00a0Sahelexit\u00a0\u00bb <\/a>par certains commentateurs, la d\u00e9cision de quitter la CEDEAO qui a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e il y a un an par le trio de chefs militaires des trois pays est maintenant sur le point d\u2019entrer l\u00e9galement en vigueur. Trois pays ont cr\u00e9\u00e9 l\u2019Alliance des \u00c9tats du Sahel, un pacte mutuel de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 formalis\u00e9 par la signature de la <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/en\/international\/article\/2023\/09\/16\/mali-burkina-faso-and-niger-sign-mutual-defense-pact_6136615_4.html\">Charte du Liptako Gourma, en 2023<\/a>.<\/p>\n<p>La CEDEAO a accord\u00e9 \u00e0 ces trois \u00c9tats de l\u2019AES une p\u00e9riode de transition de six mois qui s\u2019ach\u00e8ve en juillet 2025, au cas o\u00f9 ils feraient marche arri\u00e8re et souhaiteraient revenir, offre que les dirigeants de l\u2019AES ont rejet\u00e9, affirmant que <a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/en\/africa\/20241220-ecowas-extends-six-month-grace-period-for-departing-sahel-states\">leur d\u00e9cision est irr\u00e9versible<\/a> : Leur sortie de la plus grande union politique et \u00e9conomique d\u2019Afrique menace de perturber la circulation des biens, des services et des personnes, ce qui pourrait avoir de graves cons\u00e9quences sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire dans une r\u00e9gion o\u00f9 pr\u00e8s de <a href=\"https:\/\/www.fao.org\/newsroom\/detail\/worsening-hunger-grips-west-and-central-africa-amid-persistent-conflict-and-economic-turmoil\/en\">17 millions d\u2019enfants de moins de cinq ans souffrent d\u00e9j\u00e0 de malnutrition aigu\u00eb<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Figure 1<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-155012\" src=\"https:\/\/www.ifpri.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Screenshot-2025-01-27-at-9.35.20%E2%80%AFPM-1024x708.png\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" srcset=\"https:\/\/www.ifpri.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Screenshot-2025-01-27-at-9.35.20\u202fPM-1024x708.png 1024w, https:\/\/www.ifpri.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Screenshot-2025-01-27-at-9.35.20\u202fPM-300x208.png 300w, https:\/\/www.ifpri.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Screenshot-2025-01-27-at-9.35.20\u202fPM-768x531.png 768w, https:\/\/www.ifpri.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Screenshot-2025-01-27-at-9.35.20\u202fPM-60x42.png 60w, https:\/\/www.ifpri.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Screenshot-2025-01-27-at-9.35.20\u202fPM.png 1402w\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"708\" \/><\/p>\n<p>Source\u00a0: IFPRI<\/p>\n<p><strong>Motifs de la rupture et impacts \u00e9conomiques<\/strong><\/p>\n<p>La dynamique de la rupture provient d\u2019une s\u00e9rie de coups d\u2019\u00c9tat militaires contre des dirigeants d\u00e9mocratiquement \u00e9lus <a href=\"https:\/\/www.crisisgroup.org\/africa\/sahel\/mali\/mali-un-coup-dans-le-coup\">en 2021 <\/a>(Mali), <a href=\"https:\/\/africacenter.org\/spotlight\/understanding-burkina-faso-latest-coup\/\">2022 <\/a>(Burkina Faso) et <a href=\"https:\/\/www.npr.org\/2023\/07\/27\/1190427938\/nigers-military-announces-coup\">2023 <\/a>(Niger). Du fait que la CEDEAO fonctionne simultan\u00e9ment comme une entit\u00e9 commerciale et une instance de gouvernance, les \u00c9tats membres ayant adopt\u00e9 un <a href=\"https:\/\/www.eisa.org\/pdf\/ecowas2001protocol.pdf\">Protocole de d\u00e9mocratie et de gouvernance en 2001<\/a> qui condamne les coups d\u2019\u00c9tat militaires, elle a \u00e9t\u00e9 contrainte d\u2019imposer des sanctions \u00e0 ces trois pays, ainsi qu'\u00e0 la <a href=\"https:\/\/www.npr.org\/2021\/09\/06\/1034587283\/guineas-military-declared-coup-future-uncertain\">Guin\u00e9e<\/a> , qui a connu un coup d'\u00c9tat en 2021.<\/p>\n<p>Bien que les sanctions n\u2019aient pas concern\u00e9 les produits alimentaires, l\u2019augmentation du temps de transport et les autres obstacles logistiques qui en ont r\u00e9sult\u00e9 ont contribu\u00e9 \u00e0 entretenir des niveaux \u00e9lev\u00e9s d\u2019inflation des prix des denr\u00e9es alimentaires dans la r\u00e9gion. Au Niger, par exemple, le prix du <a href=\"https:\/\/microdata.worldbank.org\/index.php\/catalog\/4502\">riz a connu une hausse qui est pass\u00e9 de 8 % \u00e0 38 %<\/a> au cours des quatre mois qui ont suivi l\u2019imposition des sanctions en juillet 2023. En parall\u00e8le, les pays de la CEDEAO ne faisant pas l\u2019objet de sanctions ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 gravement touch\u00e9s ; le B\u00e9nin a connu une chute spectaculaire de ses recettes au <a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/en\/africa\/20231228-benin-lifts-suspension-of-imported-goods-transiting-to-niger-cotonou\">port de Cotonou<\/a>, principale source de transit pour les marchandises destin\u00e9es au Niger, tandis que les sanctions contre le Mali ont gravement nui \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration de recettes <a href=\"https:\/\/www.theafricareport.com\/166849\/mali-is-senegal-the-big-loser-when-it-comes-to-ecowas-sanctions\/\">au port de Dakar<\/a>.<\/p>\n<p>Les sanctions, ainsi que les plans de plusieurs membres de la CEDEAO visant <a href=\"https:\/\/www.washingtonpost.com\/world\/2023\/08\/22\/niger-invasion-intervention-ecowas\/\">\u00e9ventuellement \u00e0 envahir le Niger<\/a> pour renverser son coup d\u2019\u00c9tat et lib\u00e9rer le pr\u00e9sident emprisonn\u00e9, ont suscit\u00e9 la col\u00e8re des juntes militaires. R\u00e9sistant aux appels au retour \u00e0 un r\u00e9gime d\u00e9mocratique, les dirigeants ont affirm\u00e9 que la CEDEAO empi\u00e9tait sur leur <a href=\"https:\/\/www.crisisgroup.org\/africa\/sahel\/burkina-faso-mali-niger\/splinter-sahel-can-divorce-ecowas-be-averted\">souverainet\u00e9 nationale <\/a>et que le bloc r\u00e9gional n\u2019avait pas suffisamment soutenu les efforts des trois pays dans la lutte contre les <a href=\"https:\/\/www.crisisgroup.org\/africa\/sahel\/burkina-faso-mali-niger\/splinter-sahel-can-divorce-ecowas-be-averted\">groupes djihadistes.<\/a> Au cours de l\u2019ann\u00e9e qui a suivi l'annonce par les \u00c9tats de l'AES de leur intention de quitter la CEDEAO, les autres membres se sont surtout efforc\u00e9s de les convaincre de rester plut\u00f4t que de n\u00e9gocier les conditions de leur d\u00e9part. Dans le cadre de cet effort, la CEDEAO a lev\u00e9 ou all\u00e9g\u00e9 les sanctions ou autres restrictions impos\u00e9es aux trois pays en 2024. Aujourd\u2019hui, alors que le d\u00e9part a eu lieu, l\u2019incertitude est grande quant \u00e0 la nouvelle configuration politique et \u00e9conomique de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p><strong>Implications pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire dans la r\u00e9gion \u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Si les questions de s\u00e9curit\u00e9 posent des d\u00e9fis imm\u00e9diats \u00e0 la coop\u00e9ration r\u00e9gionale, notamment parce que les attaques des insurg\u00e9s sont <a href=\"https:\/\/africacenter.org\/publication\/asb43en-recalibrating-multitiered-stabilization-strategy-coastal-west-africa-response-violent-extremism\/#:~\u00a0:text=A%20spike%20in%20militant%20Islamist,deaths)%20in%20the%20past%20year.\">dirig\u00e9es vers les r\u00e9gions plus au sud du Sahel<\/a>, elles auront \u00e9galement des cons\u00e9quences importantes sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/p>\n<p>Les implications de la sortie sont plus \u00e9videntes pour les relations commerciales, car le trio quitte l\u2019union douani\u00e8re de la CEDEAO. Depuis 2015, les droits de douane relatifs aux biens intra-CEDEAO \u00e0 l\u2019importation ont \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9s et un tarif ext\u00e9rieur commun (TEC) comportant cinq types de paliers tarifaires a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9lev\u00e9 sur les importations en provenance de pays non membres de la CEDEAO, quel que soit le premier port d\u2019entr\u00e9e dans le bloc. En cons\u00e9quence de leur d\u00e9part attendu, les importations du trio de l\u2019AES dans l\u2019espace de la CEDEAO <a href=\"https:\/\/www.tralac.org\/blog\/article\/16300-three-s-a-crisis-burkina-faso-niger-and-mali-announce-that-they-will-leave-ecowas.html.\">seront soumises <\/a>aux taux du TEC et ils seront oblig\u00e9s de revenir aux taux de la nation la plus favoris\u00e9e de l\u2019OMC pour les importations en provenance des pays de la CEDEAO. Ils seront en outre p\u00e9nalis\u00e9s par le <a href=\"https:\/\/www.parl.ecowas.int\/ecowas-parliamentarians-worried-over-non-payment-of-community-levy-by-some-member-states\/\">pr\u00e9l\u00e8vement communautaire<\/a>, une taxe de 0,5 % que la CEDEAO impose sur les marchandises provenant d\u2019\u00c9tats non membres de la CEDEAO pour financer le budget du bloc.<\/p>\n<p>Les pays de l\u2019AES \u00e9tant enclav\u00e9s, les impacts \u00e9conomiques des augmentations tarifaires et de la perte de l\u2019acc\u00e8s aux ports c\u00f4tiers de Dakar, Cotonou, Abidjan, Tema et Lom\u00e9 seront pires pour eux que pour leurs homologues de la CEDEAO. Par exemple, pr\u00e8s de <a href=\"https:\/\/ecotis.ecowas.int\/?page_id=24270\">60 % des exportations de l\u00e9gumes du Burkina Faso <\/a>et 90 % de ses exportations d\u2019animaux vivants ont pour destination le Ghana et la C\u00f4te d\u2019Ivoire. Les oignons sont l\u2019un des principaux produits d\u2019exportation du Niger, le Ghana, la C\u00f4te d'Ivoire et le B\u00e9nin constituant <a href=\"https:\/\/www.aljazeera.com\/economy\/2023\/9\/8\/a-coup-happened-in-niger-onion-prices-doubled-in-ghana-and-its-neighbours#:~\u00a0:text=That%20decision%20has%20stoked%20a,before%20the%20borders%20were%20closed\">ses principaux march\u00e9s d\u2019exportation<\/a>. Lorsque la Mauritanie a quitt\u00e9 la CEDEAO en 2000, les diff\u00e9rences de droits de douane et de r\u00e8gles commerciales qui en ont r\u00e9sult\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.chathamhouse.org\/2019\/04\/mauritanias-unfolding-landscape\/2-straddling-maghreb-and-west-africa\">ont aliment\u00e9 la contrebande et la corruption<\/a> qui ont \u00e9t\u00e9 des sources de revenus pour les groupes radicaux de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Cette situation aggravera l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire pour les populations vuln\u00e9rables des pays de l\u2019AES. D\u00e9j\u00e0, le co\u00fbt d\u2019une ration quotidienne nutritive dans ces trois pays est <a href=\"https:\/\/www.dw.com\/fr\/niger-benin-fermeture-fronti%C3%A8res-commercants\/a-66532147\">110 % plus \u00e9lev\u00e9 <\/a>que le salaire minimum journalier dans la r\u00e9gion. Selon le Programme alimentaire mondial, le trio abrite \u00e9galement les <a href=\"https:\/\/docs.wfp.org\/api\/documents\/WFP-0000162510\/download\/?_ga=2.28488956.1159682065.1737566926-2058505786.1737566926\">zones les plus touch\u00e9es par la faim dans le monde<\/a> au d\u00e9but de 2025, comptant 7,5 millions de personnes actuellement class\u00e9es en situation de crise, d\u2019urgence ou de famine.<\/p>\n<p>Par ailleurs, depuis que la CEDEAO a cr\u00e9\u00e9 une r\u00e9serve r\u00e9gionale de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire en 2013 pour mettre en commun les ressources c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res des pays de la r\u00e9gion afin de juguler les crises alimentaires, les trois pays \u2013 en plus du Ghana et du Nigeria \u2013 en ont \u00e9t\u00e9 parmi les <a href=\"https:\/\/ecowap.ecowas.int\/media\/ecowap\/file_document\/2021_The_West_African_Food_Security_Storage_System._Summary_of_less_x16zR2T.pdf\">plus grands b\u00e9n\u00e9ficiaires<\/a>. Cependant, le <a href=\"https:\/\/web.archive.org\/web\/20240309184157\/https:\/www.ecowas.int\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/EXT-ORD-SUMMIT-FINAL-COMMUNIQUE-ENGLISH-_240225_160529.pdf\">Secr\u00e9tariat de la CEDEAO a not\u00e9 <\/a>que leur acc\u00e8s \u00e0 cette r\u00e9serve prendra probablement fin lorsqu\u2019ils quitteront le bloc.<\/p>\n<p>Cette situation aura \u00e9galement des cons\u00e9quences sur les transformateurs de produits alimentaires dans le Sahel, notamment des impacts potentiels sur l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et aux mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles. En effet, le Burkina Faso et le Niger importent la grande partie de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 qu\u2019ils consomment de la C\u00f4te d\u2019Ivoire et du Nigeria, respectivement, et le trio AES risque d\u2019\u00eatre <a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1641777\/politique\/cinq-questions-pour-comprendre-les-etapes-a-venir-du-divorce-entre-la-cedeao-et-laes\/\">exclu <\/a>du <a href=\"https:\/\/www.ecowapp.org\/en\/content\/creation-wapp\">pool \u00e9nerg\u00e9tique ouest-africain de la CEDEAO<\/a>, qui vise \u00e0 am\u00e9liorer l'acc\u00e8s des membres au march\u00e9 r\u00e9gional de l'\u00e9lectricit\u00e9.<\/p>\n<p>En outre, cette sortie posera des probl\u00e8mes d\u2019acc\u00e8s aux mati\u00e8res premi\u00e8res telles que la farine de bl\u00e9 et les huiles comestibles, dont une grande partie des populations de la r\u00e9gion a besoin pour enrichir son alimentation en fer, en vitamine A et en d\u2019autres nutriments. Par exemple, en 2022, plus <a href=\"https:\/\/www.trademap.org\/Index.aspx\">de 80 % des importations de farine de bl\u00e9 du Mali <\/a>provenaient du S\u00e9n\u00e9gal. De m\u00eame, le Burkina Faso ne peut r\u00e9pondre \u00e0 la demande de consommation d\u2019huiles comestibles en se basant uniquement sur sa production nationale, ce qui l\u2019oblige \u00e0 importer environ <a href=\"https:\/\/www.trademap.org\/Index.aspx\">la moiti\u00e9 de son huile de palme de la C\u00f4te d\u2019Ivoire<\/a>. En outre, l\u2019\u00e9lan de l\u2019Alliance r\u00e9gionale ouest-africaine pour l'enrichissement des aliments \u00e0 grande \u00e9chelle qui a \u00e9t\u00e9 <a href=\"https:\/\/matinlibre.com\/2024\/03\/22\/fortification-alimentaire-en-afrique-de-louest-une-alliance-regionale-portee-sur-les-fonts-baptismaux-a-cotonou\/\">lanc\u00e9e l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re<\/a> pourrait ralentir, \u00e9tant donn\u00e9 qu'elle est supervis\u00e9e par l'Organisation ouest-africaine de la sant\u00e9 (OOAS) de la CEDEAO, dont le si\u00e8ge se trouve au Burkina Faso. En effet, lors de son sommet extraordinaire de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, la CEDEAO a pr\u00e9vu de devoir <a href=\"https:\/\/reliefweb.int\/report\/niger\/final-communique-extraordinary-summit-ecowas-authority-heads-state-and-government-political-peace-and-security-situation-region-abuja-24th-february-2024\">fermer et transf\u00e9rer sept agences r\u00e9gionales <\/a>bas\u00e9es dans les trois pays, dont l\u2019OOAS.<\/p>\n<p>Enfin, les moyens de subsistance des migrants sah\u00e9liens vivant dans les pays de la CEDEAO restent menac\u00e9s. Gr\u00e2ce au protocole de libre circulation de la CEDEAO, plus de 1,3 million de Burkinab\u00e9s et un demi-million de Maliens <a href=\"https:\/\/www.theafricareport.com\/337995\/cote-divoires-traders-brace-for-sahel-states-split-from-ecowas\/?redirect_to=https:\/\/www.theafricareport.com\/337995\/cote-divoires-traders-brace-for-sahel-states-split-from-ecowas\/#continue-reading\">vivent en C\u00f4te d\u2019Ivoire<\/a>, et nombre d\u2019entre eux g\u00e8rent de petites entreprises informelles pour subvenir aux besoins de leurs familles rest\u00e9es au pays. Au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2025, la diaspora malienne a organis\u00e9 des manifestations \u00e0 Abidjan contre la sortie de leur pays de la CEDEAO.\u00a0<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>La CEDEAO \u00e0 un tournant d\u00e9cisif<\/strong><\/p>\n<p>Quels sont les sc\u00e9narios possibles concernant l\u2019avenir de la CEDEAO, \u00e0 la veille de son cinquanti\u00e8me anniversaire en 2025\u2009? Malgr\u00e9 la fen\u00eatre de six mois dont ils disposent pour changer d\u2019avis, il est peu probable que le trio d\u2019acteurs militaires \u00e0 la t\u00eate du Mali (Assimi Go\u00efta), du Burkina Faso (Ibrahim Traor\u00e9) et du Niger (Abdourahamane Tiani) revienne sur sa d\u00e9cision. En fait, les r\u00e9centes suggestions selon lesquelles <a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1649168\/politique\/le-togo-nexclut-pas-de-rejoindre-lalliance-des-etats-du-sahel\/\">le Togo pourrait \u00e9galement rejoindre l\u2019AES<\/a> pourraient m\u00eame les conforter dans leur position.<\/p>\n<p>De plus, les dirigeants de la junte proposent diff\u00e9rentes mani\u00e8res de poursuivre les relations entre l\u2019AES et la CEDEAO. Par exemple, ils ont affirm\u00e9 qu\u2019ils maintiendraient l\u2019exemption de visa pour les pays membres de la CEDEAO, bien qu'une telle proposition doive <a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1641777\/politique\/cinq-questions-pour-comprendre-les-etapes-a-venir-du-divorce-entre-la-cedeao-et-laes\/\">d'abord \u00eatre approuv\u00e9e <\/a>par les 12 \u00c9tats membres restants de la CEDEAO. Un autre sc\u00e9nario \u00e0 envisager est qu\u2019ils n\u00e9gocieront divers accords bilat\u00e9raux avec leurs principaux partenaires commerciaux de la CEDEAO, ainsi qu\u2019avec d\u2019autres pays offrant un acc\u00e8s maritime, tels que la Mauritanie et le Maroc.<\/p>\n<p>Cependant, permettre un d\u00e9part relativement facile de la CEDEAO aurait des cons\u00e9quences f\u00e2cheuses. Tout d\u2019abord, l\u2019effet dissuasif des sanctions de la CEDEAO sur d\u2019autres meneurs de coups d\u2019\u00c9tat militaires potentiels dans la r\u00e9gion sera probablement affaibli par le pr\u00e9c\u00e9dent d\u2019une sortie en douceur n\u00e9goci\u00e9e de l\u2019AES du bloc. Du fait qu\u2019au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es, des tentatives de coup d'\u00c9tat ont eu lieu en <a href=\"https:\/\/apnews.com\/article\/guinea-bissau-embalo-coup-attempt-gunfire-seidi-35e7ce80b316b7f28790f6b1c8d8d9b7\">Guin\u00e9e Bissau<\/a> et \u00e0 la <a href=\"https:\/\/www.bbc.com\/news\/world-africa-67920473\">Sierra Leone <\/a>, ce d\u00e9part constitue une pr\u00e9occupation majeure pour la l\u00e9gitimit\u00e9 du protocole sur la d\u00e9mocratie et la gouvernance et l'int\u00e9grit\u00e9 continue du bloc r\u00e9gional. Deuxi\u00e8mement, il en r\u00e9sultera probablement une s\u00e9rie d\u2019accords bilat\u00e9raux et plurilat\u00e9raux qui saperont les efforts d\u2019int\u00e9gration commerciale r\u00e9gionale et les aspirations du continent \u00e0 cr\u00e9er un march\u00e9 africain unique par le biais de la zone de libre-\u00e9change continentale africaine (ZLECAf).<\/p>\n<p>Enfin, les probl\u00e8mes entourant le \u00ab\u00a0Sahelexit\u00a0\u00bb ne concernent pas uniquement les pays d\u2019Afrique de l\u2019Ouest. Ils repr\u00e9sentent un ensemble plus large de tensions qui seront au c\u0153ur de la politique de d\u00e9veloppement en Afrique et ailleurs en 2025. Il s\u2019agit notamment de savoir si les objectifs politiques doivent \u00eatre int\u00e9gr\u00e9s aux accords commerciaux \u2013 <a href=\"https:\/\/www.brookings.edu\/articles\/modernizing-agoa-for-the-21st-century\/\">un d\u00e9bat actuel <\/a>li\u00e9 au renouvellement de la loi sur la croissance et les possibilit\u00e9s \u00e9conomiques en Afrique \u2013 cette ann\u00e9e et si la souverainet\u00e9 nationale doit \u00eatre privil\u00e9gi\u00e9e au d\u00e9triment de la coop\u00e9ration r\u00e9gionale face aux menaces transfrontali\u00e8res croissantes en mati\u00e8re de climat, de conflits et de sant\u00e9 qui p\u00e8sent sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.ifpri.org\/profile\/danielle-resnick\/\"><em>Danielle Resnick <\/em><\/a><em>est charg\u00e9e de recherche principale \u00e0 l\u2019unit\u00e9 March\u00e9s, commerce et institutions de l\u2019IFPRI. Les opinions sont celles de l\u2019auteur.<\/em><\/p>\n<p>Cet article a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois sur <a href=\"https:\/\/www.ifpri.org\/blog\/the-ecowas-breakup-implications-for-west-african-food-security-and-regional-cooperation\/\">le blog de l'IFPRI.ORG<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 28 janvier, la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO) perdra trois de ses membres fondateurs \u2013 le Burkina Faso, le Mali et le Niger \u2013 qui repr\u00e9sentent 16 % de sa population de 424 millions d'habitants et 7 % de son PIB.<\/p>\n","protected":false},"author":223,"featured_media":20455,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[555],"tags":[761,1041,753,990,1441,1417,751,1337],"class_list":["post-20468","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-blogs1","tag-afrique-de-louest-fr","tag-burkina-faso","tag-commerce-fr","tag-mali-fr","tag-migration-et-envois-de-fonds","tag-niger-fr","tag-securite-alimentaire-fr","tag-west-africa-fr"],"acf":[],"mb":[],"mfb_rest_fields":["title"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20468","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/223"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20468"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20468\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20564,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20468\/revisions\/20564"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20455"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20468"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=20468"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=20468"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}