{"id":3062,"date":"2020-05-14T21:03:13","date_gmt":"2020-05-14T21:03:13","guid":{"rendered":"http:\/\/wca.ifpri.info\/?p=3062"},"modified":"2021-08-03T14:34:07","modified_gmt":"2021-08-03T14:34:07","slug":"les-politiques-frontalieres-liees-a-la-pandemie-de-covid-19-entrainent-des-difficultes-economiques-pour-le-commerce-africain-et-pour-les-communautes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/2020\/05\/14\/les-politiques-frontalieres-liees-a-la-pandemie-de-covid-19-entrainent-des-difficultes-economiques-pour-le-commerce-africain-et-pour-les-communautes\/","title":{"rendered":"Les politiques frontali\u00e8res li\u00e9es \u00e0 la pand\u00e9mie de COVID-19 entra\u00eenent des difficult\u00e9s \u00e9conomiques pour le commerce africain et pour les communaut\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p><strong><em><a href=\"https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2020\/05\/rwanda_customs.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3003\" src=\"https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2020\/05\/rwanda_customs-300x188.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"188\" srcset=\"https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2020\/05\/rwanda_customs-300x188.jpg 300w, https:\/\/africa.ifpri.info\/files\/2020\/05\/rwanda_customs.jpg 380w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Un article de Antoine Bou\u00ebt et David Laborde<\/em><\/strong><br \/>\n<em>De nombreux pays sur tout le continent africain ont impos\u00e9 des mesures d\u2019urgence aux fronti\u00e8res afin de freiner la propagation de la COVID-19. Ces mesures ont retard\u00e9 la signature de l\u2019accord de libre-\u00e9change continental, font craindre une nouvelle crise alimentaire et perturbent le commerce transfrontalier.<\/em><!--more--><br \/>\n<em>Dans cet article, Antoine Bou\u00ebt et David Laborde passent en revue les mesures frontali\u00e8res ainsi que leur impact. Ils formulent des recommandations pour plus de coh\u00e9rence entre les politiques sanitaires et commerciales dans un environnement complexe - <\/em><a href=\"http:\/\/www.ifpri.org\/profile\/johan-swinnen\"><em>Johan Swinnen<\/em><\/a><em>, co-r\u00e9dacteur en chef de la s\u00e9rie et Directeur G\u00e9n\u00e9ral de l\u2019IFPRI.<\/em><br \/>\n<em>\u00a0<\/em><br \/>\nLa pand\u00e9mie de COVID-19 a d\u00e9clench\u00e9 dans les pays du monde entier la\u00a0mise en place d\u2019une s\u00e9rie de contr\u00f4les aux fronti\u00e8res visant freiner la propagation de la maladie. En Afrique, ces mesures ont interrompu les progr\u00e8s vers l\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique. La <a href=\"https:\/\/www.ifpri.org\/blog\/walk-talk-nigerias-import-prohibitions-smuggling-and-african-continental-free-trade-agreement\">zone de libre-\u00e9change continentale \u00a0africaine <\/a>\u00a0(ZLECA),\u00a0 par exemple, devait \u00e9tablir une libre circulation des marchandises \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du continent \u00e0 partir du 1<sup>er<\/sup> juillet. La Commission de l\u2019Union africaine a propos\u00e9 de reporter le lancement au 1<sup>er<\/sup> janvier 2021. En outre, les restrictions commerciales mises en \u0153uvre en Afrique et ailleurs en r\u00e9ponse \u00e0 la pand\u00e9mie alimentent les craintes d\u2019une nouvelle crise alimentaire sur le continent (<u>voir le suivi des restrictions \u00e0 l\u2019exportation r\u00e9alis\u00e9 par l\u2019IFPRI)<\/u>.<br \/>\nDans toute l\u2019Afrique, les contr\u00f4les aux fronti\u00e8res li\u00e9s \u00e0 la pand\u00e9mie ont de nombreuses r\u00e9percussions \u00e9conomiques, \u00e0 grande et \u00e0 petite \u00e9chelle. Nous nous proposons ici d\u2019examiner ces impacts et de formuler des mesures d\u2019att\u00e9nuation des cons\u00e9quences subies par les personnes et les communaut\u00e9s.<br \/>\nLa plupart des pays africains ont ferm\u00e9 leurs fronti\u00e8res terrestres aux voyageurs.\u00a0Le transport du fret, toujours possible, se fait avec des contr\u00f4les plus stricts autorisant dans certains cas uniquement le passage des produits agricoles et alimentaires. Sur une p\u00e9riode de 10 jours au mois de mars, 25 pays africains ont impos\u00e9 de telles mesures au niveau des fronti\u00e8res terrestres (voir Figure). En outre, ces pays ont quasiment tous suspendu l\u2019arriv\u00e9e des vols internationaux, au moins en provenance des pays particuli\u00e8rement touch\u00e9s par le virus. De nombreux gouvernements ont \u00e9galement impos\u00e9 des couvre-feux.<br \/>\nLa R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, le Kenya, le Liberia et la Namibie ont appliqu\u00e9 une autre m\u00e9thode : l\u2019entr\u00e9e des personnes aux postes fronti\u00e8res est soumise \u00e0 un contr\u00f4le de temp\u00e9rature et \u00e0 des tests, suivis d\u2019une hospitalisation et\/ou d\u2019une mise en quarantaine si n\u00e9cessaire.<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.ifpri.org\/sites\/default\/files\/Blog\/closure_of_african_borders_2020.jpg\" \/><br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.ifpri.org\/blog\/covid-19-lockdowns-threaten-africas-vital-informal-urban-food-trade\">Ces mesures adopt\u00e9es pour prot\u00e9ger la sant\u00e9 publique<\/a> pourraient entra\u00eener de graves cons\u00e9quences \u00e9conomiques. Les contr\u00f4les sanitaires plus stricts aux fronti\u00e8res appliqu\u00e9s au transport des produits risquent de ralentir le commerce intra-africain. De plus, l\u2019interdiction de franchir la fronti\u00e8re interrompt une des voies du commerce informel, une activit\u00e9 largement pratiqu\u00e9e en Afrique, qui constitue souvent la principale source de revenus d\u2019une famille. Ce type de commerce repr\u00e9sente une part importante des \u00e9changes commerciaux enregistr\u00e9s, par exemple, entre 15 et 30 % des exportations officielles en Ouganda.<br \/>\nLes cons\u00e9quences de ces mesures sur le commerce intracontinental ne sont pas encore clairement \u00e9tablies en raison du manque de donn\u00e9es r\u00e9centes. A ce jour, les statistiques compil\u00e9es par le groupe de travail sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la nutrition (donn\u00e9es hebdomadaires recueillies aux postes fronti\u00e8res en Afrique de l\u2019Est \u2013 les seules donn\u00e9es disponibles jusqu\u2019\u00e0 la fin mars) n\u2019indiquent pas de diminution du commerce agricole transfrontalier. La plupart des fermetures de fronti\u00e8res ayant eu lieu dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du mois de mars, les donn\u00e9es disponibles ne permettent pas encore de saisir les effets. Seuls cinq pays (Soudan, Djibouti, Rwanda, \u00c9thiopie, Ouganda) ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des fermetures de fronti\u00e8res en Afrique de l\u2019Est au cours de cette p\u00e9riode.<br \/>\n<strong>Probl\u00e8mes li\u00e9s aux politiques frontali\u00e8res<\/strong><br \/>\nLa plupart des fermetures de fronti\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 impos\u00e9es sans une vision claire de la r\u00e9alit\u00e9 sur le terrain. Par exemple, en Afrique de l\u2019Ouest, en raison de la chaleur diurne, les produits frais, la viande et d\u2019autres produits p\u00e9rissables sont g\u00e9n\u00e9ralement transport\u00e9s de nuit. Les couvre-feux ont donc rendu cette pratique impossible. Autre exemple, le temps de transport augmente car l\u2019exigence de contr\u00f4les sanitaires plus approfondis n\u2019est pas forcement accompagn\u00e9e d\u2019un renfort de personnel. Selon Brahima Ciss\u00e9, analyste commercial au Comit\u00e9 inter-\u00c9tats de lutte contre la s\u00e9cheresse dans le Sahel (CILSS), ces retards dus aux contr\u00f4les sanitaires et aux couvre-feux peuvent entra\u00eener un gaspillage ainsi que des pertes importantes de produits en Afrique de l\u2019Ouest.<br \/>\nLa restriction des d\u00e9placements peut s\u2019av\u00e9rer particuli\u00e8rement co\u00fbteuse pour les \u00e9leveurs pratiquant la transhumance qui traversent les fronti\u00e8res avec leurs troupeaux pour trouver de nouveaux p\u00e2turages. Cette transhumance concerne les pays sah\u00e9liens, dont le Burkina Faso et le Mali, et d\u2019autres pays c\u00f4tiers comme le B\u00e9nin et la C\u00f4te d\u2019Ivoire, ainsi que le Kenya et l\u2019Ouganda. Au-del\u00e0 de leurs co\u00fbts \u00e9conomiques imm\u00e9diats, ces mesures menacent le mode de fonctionnement de base de l\u2019agriculture pastorale.<br \/>\nLa restriction des d\u00e9placements peut \u00e9galement compliquer l\u2019acc\u00e8s aux intrants tels que les engrais ou les pesticides.<br \/>\nL\u2019introduction de mesures exceptionnelles favorise souvent les abus de pouvoir. Dans de nombreuses r\u00e9gions d\u2019Afrique, il arrive couramment que les responsables de l\u2019application des lois mettent en place des checkpoints le long des couloirs commerciaux pour collecter des pots-de-vin. Avec le ralentissement du transport routier en Afrique de l\u2019Ouest suite \u00e0 la mise en place des r\u00e9centes mesures, ce comportement pr\u00e9dateur s\u2019est intensifi\u00e9. Selon M. Ciss\u00e9, la collecte de pots-de-vin a augment\u00e9 de 30 % par camion le long de ces corridors depuis le mois de mars.<br \/>\nLa plupart de ces mesures ont \u00e9t\u00e9 impos\u00e9es souvent sans explications, prenant de court les populations locales livr\u00e9es \u00e0 elles-m\u00eames face aux retomb\u00e9es. Le commerce informel ayant \u00e9t\u00e9 interrompu, de nombreuses personnes n\u2019ont gu\u00e8re eu la possibilit\u00e9 de trouver d\u2019autres moyens de subsistance. L\u2019absence de revenus dans de nombreux m\u00e9nages, ne serait-ce que pendant quelques jours cons\u00e9cutifs, <a href=\"https:\/\/www.ifpri.org\/blog\/poverty-and-food-insecurity-could-grow-dramatically-covid-19-spreads\">peut avoir des effets d\u00e9vastateurs sur la pauvret\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire<\/a>.<br \/>\nOn constate \u00e9galement peu de coordination internationale ou r\u00e9gionale entre les d\u00e9cisions relatives aux fronti\u00e8res. Les heures de couvre-feu, par exemple, varient souvent entre pays voisins, ce qui aggrave leur impact \u00e9conomique. Enfin, ces mesures peuvent interrompre l\u2019assistance technique internationale (aide sanitaire et\/ou alimentaire), en imposant des co\u00fbts \u00e9conomiques, des co\u00fbts de sant\u00e9 publique et autres co\u00fbts importants.<br \/>\n<strong>Solutions potentielles<\/strong><br \/>\nPour rem\u00e9dier \u00e0 ces difficult\u00e9s, les gouvernements devraient appliquer de vastes <a href=\"https:\/\/blogs.worldbank.org\/africacan\/covid-19-africa-how-can-social-safety-nets-help-mitigate-social-and-economic-impacts\">programmes de protection sociale<\/a> en faveur des personnes affect\u00e9es, par exemple les commer\u00e7ants informels qui vivent du commerce transfrontalier. Seulement, ces programmes sont co\u00fbteux et difficiles \u00e0 concevoir. Comment mettre en place ces transferts dans une p\u00e9riode de confinement (absence de possibilit\u00e9s de num\u00e9risation des paiements dans certains pays) ? Comment mettre en place des mesures qui tiennent compte de la <a href=\"https:\/\/www.ifpri.org\/blog\/why-gender-sensitive-social-protection-critical-covid-19-response-low-and-middle-income\">vuln\u00e9rabilit\u00e9 et du r\u00f4le sp\u00e9cifique des femmes<\/a> ?<br \/>\nL\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) a souvent exprim\u00e9 des r\u00e9serves au sujet des interdictions de franchissement des fronti\u00e8res et sur leur r\u00f4le dans la protection de la sant\u00e9 publique. Ces mesures augmentent la probabilit\u00e9 de passage des fronti\u00e8res par des endroits non couverts par les autorit\u00e9s douani\u00e8res\u00a0; les voyageurs \u00e9chappent ainsi aux contr\u00f4les sanitaires. L\u2019OMS s\u2019inqui\u00e8te \u00e9galement du fait que les gouvernements pourraient s\u2019abstenir de reconna\u00eetre publiquement l\u2019\u00e9pid\u00e9mie afin d\u2019\u00e9viter que leurs citoyens ne soient vis\u00e9s par les restrictions commerciales et de d\u00e9placement impos\u00e9es par d\u2019autres pays.<br \/>\nDes points de contr\u00f4le aux fronti\u00e8res devraient \u00eatre mis en place pour assurer les contr\u00f4les sanitaires et le d\u00e9pistage, \u00e9ventuellement suivis d\u2019une quarantaine et\/ou d\u2019une hospitalisation des personnes infect\u00e9es. Un tel syst\u00e8me peut fournir des informations sanitaires importantes \u00e0 la population et am\u00e9liorer la distribution d\u2019\u00e9quipements de protection, de savon et de mat\u00e9riel de d\u00e9sinfection, ainsi que l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau. Dans la Communaut\u00e9 de l\u2019Afrique de l\u2019Est (CAE-Burundi, Kenya, Rwanda, Soudan du Sud, Tanzanie, Ouganda), neuf laboratoires mobiles ont r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9s pour fournir des tests syst\u00e9matiques, en particulier le long de la fronti\u00e8re nord entre l\u2019Ouganda et le Kenya.<br \/>\nLes exigences d\u2019\u00e9loignement physique aux postes fronti\u00e8res peuvent \u00e9galement r\u00e9duire la propagation du virus. Mais cela n\u00e9cessite bien s\u00fbr de renforcer les \u00e9quipes d\u2019agents des douanes travaillant aux postes fronti\u00e8res afin de ne pas trop ralentir les \u00e9changes transfrontaliers.<br \/>\nPour r\u00e9duire les d\u00e9penses des agriculteurs et des transporteurs de produits agricoles et alimentaires, les gouvernements devraient reconsid\u00e9rer les couvre-feux, qui nuisent au transport des produits p\u00e9rissables. En termes de politique commerciale intra-africaine, les taxes \u00e0 l\u2019importation sur les produits agricoles et alimentaires devraient \u00eatre r\u00e9duites pour compenser les co\u00fbts de transport plus \u00e9lev\u00e9s. Une suspension des interdictions d\u2019exportation sur ces m\u00eames produits devrait \u00e9galement \u00eatre envisag\u00e9e.<br \/>\nLes nouvelles mesures de restriction aux fronti\u00e8res devraient \u00eatre annonc\u00e9es \u00e0 l\u2019avance afin de permettre aux populations de s\u2019adapter le mieux possible. Les pays devraient \u00e9galement coordonner leurs politiques afin de promouvoir l\u2019\u00e9change d\u2019informations aussi bien sur la propagation du virus que sur les mesures de protection. Le Bureau r\u00e9gional de l\u2019OMS pour l\u2019Afrique et le Bureau interafricain des ressources animales peuvent apporter leur aide \u00e0 cet \u00e9gard. Les communaut\u00e9s \u00e9conomiques r\u00e9gionales peuvent \u00e9galement jouer un r\u00f4le important. La Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO) \u00e9tudie un plan d\u2019action incluant\u00a0la lev\u00e9e de toutes les restrictions sur la libre circulation des intrants agricoles (y compris les engrais et les pesticides) aux fronti\u00e8res terrestres et portuaires, ainsi que la promotion des programmes de protection sociale pour l\u2019alimentation et la nutrition.<br \/>\nEnfin, les pays ne doivent pas laisser la pand\u00e9mie freiner les progr\u00e8s de l\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique. Des personnalit\u00e9s influentes telles que les pr\u00e9sidents Paul Kagame du Rwanda et Cyril Ramaphosa d\u2019Afrique du Sud ont r\u00e9affirm\u00e9 le caract\u00e8re indispensable de l\u2019accord de libre-\u00e9change AfCFTA. Cet accord pourrait apporter au continent, non seulement une base solide pour le d\u00e9veloppement \u00e9conomique \u00e0 long terme, mais aussi un moyen de lutter efficacement contre les futures pand\u00e9mies en facilitant le commerce transfrontalier de denr\u00e9es alimentaires et de produits m\u00e9dicaux. Des n\u00e9gociations virtuelles devraient commencer dans les prochains jours afin de fixer une nouvelle date de d\u00e9marrage, possiblement avant le 1<sup>er<\/sup> janvier.<br \/>\nLa d\u00e9finition de politiques sanitaires et \u00e9conomiques coh\u00e9rentes face \u00e0 une pand\u00e9mie telle que la COVID-19 comporte bien des difficult\u00e9s. L\u2019exercice semble d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s complexe dans les pays riches disposant de ressources financi\u00e8res importantes et d\u2019institutions solides. Il est \u00e9videmment encore plus difficile dans les pays pauvres pourvus de ressources financi\u00e8res tr\u00e8s limit\u00e9es et de faibles institutions. Les politiques adapt\u00e9es aux pays dot\u00e9s d\u2019institutions solides peuvent \u00eatre inappropri\u00e9es, voire nuisibles, dans les pays dont les institutions sont plus faibles. Par exemple, comme nous l\u2019avons vu, l\u2019imposition de contr\u00f4les sanitaires plus stricts le long des couloirs commerciaux peut intensifier le comportement pr\u00e9dateur des autorit\u00e9s de contr\u00f4le locales et aggraver la situation. La communaut\u00e9 internationale doit donc aider ces pays \u00e0 tenir compte de l\u2019environnement institutionnel lors de la mise en \u0153uvre de ces politiques.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.ifpri.org\/profile\/antoine-bouet\"><em>Antoine Bou\u00ebt<\/em><\/a><em>\u00a0et\u00a0<\/em><a href=\"https:\/\/www.ifpri.org\/profile\/david-laborde-debucquet\"><em>David Laborde<\/em><\/a> <em>sont chercheurs seniors \u00e0 la Division March\u00e9, Commerce et Institution de l\u2019IFPRI. L\u2019analyse et les opinions exprim\u00e9es dans cet article n\u2019engagent que leurs auteurs. <\/em><br \/>\nCe blog a \u00e9t\u00e9 initialement publi\u00e9 sur le <a href=\"https:\/\/www.ifpri.org\/blog\/covid-19-border-policies-create-problems-african-trade-and-economic-pain-communities\">site web de l\u2019IFPRI <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La pand\u00e9mie de COVID-19 a d\u00e9clench\u00e9 dans les pays du monde entier la\u00a0mise en place d\u2019une s\u00e9rie de contr\u00f4les aux fronti\u00e8res visant freiner la propagation de la maladie.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3003,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[41,555],"tags":[626,617,518,641,640],"class_list":["post-3062","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news-fr","category-blogs1","tag-afcfta-fr","tag-cedeao-fr","tag-covid-19-fr","tag-oms","tag-zleca"],"acf":[],"mb":[],"mfb_rest_fields":["title"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3062","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3062"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3062\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":17488,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3062\/revisions\/17488"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3003"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3062"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3062"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/africa.ifpri.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3062"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}